Afghanistan : risques liés à un profil occidentalisé

Jurisprudence
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La Cour actualise et redéfinit le canevas d’analyse des moyens tirés de l’occidentalisation allégués par des demandeurs du fait de leur séjour en Europe et de leur insertion dans des sociétés d’accueil régies par des normes et des valeurs opposées à celles en vigueur dans leur pays d’origine. Elle juge ainsi, 4 ans après la décision de référence du 29 novembre 2021, M.A. n° 21025924 C+, qu’il incombe au demandeur de nationalité afghane, qui entend se prévaloir de craintes, en cas de retour dans son pays d’origine et du fait de la prise de pouvoir par les taliban, d’un profil « occidentalisé », ou d’un risque d’imputation d’un tel profil, d’apporter à la Cour tous les éléments propres à sa situation personnelle permettant d’établir qu’il a acquis un tel profil de manière irréversible, ou de démontrer la crédibilité du risque que les autorités talibanes lui imputent, à titre individuel et à raison de ses conditions de vie hors du pays, une opposition d’ordre politique ou religieuse l’exposant à un risque réel de subir des persécutions. Les éléments avancés de façon récurrente au soutien de l’occidentalisation alléguée, apprentissage de la langue française, activités associatives, démarches d’insertion sociales et professionnelle, présence sur les réseaux sociaux, ne témoignent pas, par eux-mêmes, de l’acquisition pérenne de tout ou partie des valeurs, du modèle culturel, du mode de vie, des usages ou encore des coutumes des pays occidentaux (CNDA 11 décembre 2025 M. S. n° 25008029 C+).